En quelques mots

C’est ici que repose la lecture. Un brin d’humour, une touche de sarcasme, la littérature dans son ensemble. D’autres articles peuvent également venir agrémenter cette page, des chroniques culturelles diverses au carnet de voyage de la Sirène Tranchante.

Sélection d’Hatanna – Août 2021

Hellow tout le monde !

La Sirène Tranchante espère que votre été se passe bien ! Pour l’heure, parlons peu, parlons livres…

Débutons avec le dernier Agnès Martin-Lugand ; La Datcha. Une fois n’est plus coutume, Agnès Martin-Lugand a encore fait verser une petite larme à la Sirène. Son nouveau roman, La Datcha, est un condensé de peine et d’espoir. Quelle surprise déjà de voir qu’il se passe près de chez soi, à Goult ! Dès les premières pages on est embarqué ! La plume est toujours aussi fluide et on veut carrément savoir ce qu’il va advenir de cette jeune femme sans toit ni sous. Les gens peuvent-ils être simplement généreux ? Ou tout acte de bienveillance est-il toujours fait dans un but bien particulier ? À vous de le découvrir ! Ce roman mêle Provence et drame à une belle histoire d’amour et une vie intense au cœur d’un somptueux domaine.

Poursuivons avec Jefferson de Jean-Claude Mourlevat. Un auteur qui a su marquer les premières lectures de la Sirène Tranchante, notamment avec Combat d’hiver. Ainsi, dans ce nouveau roman, l’auteur présente un hérisson qui après avoir mis des patates au four se rend chez son coiffeur. Malheureusement, M. Edgar est mort. Jefferson ne se méfie pas et tente de lui porter secours, bien qu’il soit déjà trop tard. Il va alors être accusé de meurtre. Les éléments sont contre lui, il prend donc la seule option qui lui reste ; fuir et tenter de démasquer le véritable tueur. Avec son ami, ils partent à l’aventure. Et si un humain était derrière tout ça ? L’avenir le leur dira. Car M. Edgar avait bien quelques petits secrets bien gardés. Pourquoi se rendait-il dans le monde des humains une fois par semaine depuis maintenant deux ans ? Suspens…

Ensuite, continuons avec Tu me dois un meurtre d’Eileen Cook. Géant ! Une jeune fille vient de se faire larguer par son mec. Elle avait prévu de partir en camps de vacances avec lui et se retrouve donc avec lui et sa nouvelle copine. Le vol pour Londres a du retard et elle fait la connaissance de Nicky. Cette dernière, après l’avoir poussée à voler une bouteille de vodka, lui fait signer une sorte de pacte. Elle veut bien tuer Connor, son ex, à condition qu’elle tue sa mère. Le pacte est lancé. Quand Connor meurt, la jeune fille réalise l’ampleur des dégâts. Saura-t-elle faire face à la pression ? Nicky a des arguments, et elle n’est pas prête de lâcher l’affaire. Quelle est donc cette chose qui la motive tant ? Un roman haletant qui nous mène par le bout du nez.

Enfin, terminons cette sélection avec 7 lettres d’Olivia Harvard. Très sympa ! Un thriller haletant idéal pour se poser sur un transat. Colton est retrouvé mort. Son ami Elliott se pose mille questions, et cela ne va pas en s’arrangeant quand il découvre l’existence d’une lettre qui lui est destinée. 7 lettres l’attendent, à la fin, le nom de l’assassin. Que faire ? En parler aux flics ? Et s’il reçoit des menaces par la suite ? Petit à petit une sorte de chasse au trésor se met en place et on accompagne ainsi le personnage principal dans sa quête de vérité. Qui était finalement Colton ? Et pourquoi disparaissait-il chaque année, plusieurs jours, à la même période ?

En vous souhaitant une belle découverte !

À très vite !

Hatanna

Sélection d’Hatanna – Juillet 2021

Hellow tout le monde !

Aujourd’hui la Sirène Tranchante vous propose une sélection un peu particulière avec des ouvrages extraordinaires…

Tout d’abord, commençons par L’Atlas des Monstres légendaires de Stuart Hill et Sandra Lawrence. Merveilleux ! Cet ouvrage permet à quiconque d’avoir une vision d’ensemble des créatures qui peuplent ou peuplaient notre Terre. Les continents défilent de même que les parties du monde et avec les différents monstres issus des différentes croyances. Chaque créature est accompagnée d’un numéro qui permet à la page suivante de lire ses principales caractéristiques. Le narrateur, qui a trouvé ces cartes parmi les affaires d’un ancien explorateur émet tout au long du texte des doutes quant à l’existence de ces spécimens. Par ailleurs, des messages codés ornent chaque page. Saurez-vous les décrypter ?

Ensuite, poursuivons avec une pure beauté ; Les Secrets d’Hildegarde de Binden aux éditions Rustica. Ouaw ! On dirait un véritable grimoire ! Les pages sont ornementées de doré et le tout est relié par une petite lanière de cuire. À l’intérieur, on peut découvrir quelques feuillets dont l’un portant sur différentes pierres, quant au livre en lui-même, il retrace la vie et les recherches de cette moniale ayant vécu de 1098 à 1179, soit jusqu’à l’âge de 81 ans. Cette femme, désormais Sainte, était renommée pour ses dons de naturopathie. Elle soignait toutes sortes de maux grâce aux plantes ou bien les pierres. L’ouvrage, outres les quelques recettes qu’il évoque, permet de mieux comprendre ce qu’à l’époque on nommait les humeurs, à savoir : les globules blancs, rouges, les plaquettes et le plasma. Un puits de Savoir à découvrir…

Poursuivons désormais avec un roman ; Viendra le temps du feu de Wendy Delorme. Ce roman se trouve à la croisée de 451 Fahrenheit et de La Servante Écarlate. C’est un roman percutant où l’on découvre des personnages ancrés dans une réalité dystopique. D’un côté une jeune femme aux amours rebelles qui se cache du mieux qu’elle peut. De l’autre une jeune femme Castor le jour, Hôtesse la nuit, qui découvre un livre interdit. Ces deux visages se croiseront un jour, pour le meilleur ou bien le pire. L’histoire met en exergue la femme et ses craintes, ses envies, de même que cette oppression omniprésente de l’interdit qui nous caractérise aujourd’hui.

Enfin, terminons avec Le Château des papayes de Sara Pennypacker. Il s’agit d’un roman frais et doux pour l’été. Ware est un garçon de onze ans qui a un peu de mal à se faire des amis. Ses parents travaillent beaucoup et ils doivent s’occuper de la grand-mère qui est tombée et s’est cassé les deux hanches. Afin d’être serein durant l’été, ils souhaitent que Ware se rende au centre de loisirs. Ware n’en a aucune envie. Il va pourtant essayer de faire ce qu’on lui demande, en vain, car c’est au cœur de la forêt, dans une ancienne église en ruines, qu’il s’apprête à passer le meilleur été de sa vie. Il va ainsi faire la rencontre d’une jeune fille qui prend la cours de l’église pour un jardin merveilleux. Eh bien si ce vieux bout de terrain est un jardin, son église sera son château. Et il se pourrait bien que notre petit Ware ait en réalité un talent caché, mettez-le derrière une caméra et vous verrez ce qu’il en ressortira !

En espérant que ces quelques romans vous donnent envie…

Belle découverte !

Hatanna

La Guerrière des Claparèdes – Célia B.

Prologue

Une cuirasse à terre. Des corps qu’on enterre. Elle regarde fièrement le résultat de son dernier coup d’éclat. Ses cheveux humides collent son visage. Ils sont assortis d’un mélange de boue et de sang. Elle se sent apaisée. Sa lame vient de se gorger. Elle la range aux côtés de son bouclier. Ses mains sont douloureuses. De multiples entailles les assaillent. Elle essuie le coin de ses lèvres gercées par le froid. Assouvir ses pulsions, il n’y a finalement besoin de guère plus pour être heureux.

En des temps reculés et anciens, les dieux avaient pour seul loisir le combat. Faire la guerre les divertissait, nul besoin de raison. Et cet Art n’était pas réservé qu’aux hommes. Certaines femmes excellaient même dans ce domaine. C’était le cas de la première reine des Amazones. La seule qui parvint à rassembler ce peuple et à les unir. Une femme si sûre d’elle que rien ne l’effrayait. Chaque terrain devenait le sien du moment qu’elle le foulait. Même les grands plateaux ne pouvant la dissimuler face à ses assaillants lui étaient favorables. C’est ce qui fit sa force et renforça la crainte de ses adversaires. De nombreuses cicatrices jalonnaient son corps. Elle fonçait toujours et n’envoyait jamais ses guerrières seules. Elle était généralement en première ligne, ne témoignant d’aucune pitié. Son bouclier la préservait de quelques coups et ses épées fendaient les chairs. Des champs de désolation, aucun survivant. Elle aimait se retrouver seule face à son œuvre. Massacrer la galvanisait. Elle se posait ainsi, observant l’horizon et le coucher de soleil, les pieds baignant dans une mare de sang.

Elle avait néanmoins parfois besoin d’un peu de repos. Elle trouvait alors refuge dans la région qui la vit naître. Celle qui sent bon la lavande et où les cigales chantent quand il fait chaud. Elle aimait se perdre dans cette nature odorante qui lui permettait de se sentir chez elle. Ce lieu se nommait les Claparèdes. Et elle se nommait Orhiane.


Des combats, il en existe de toutes sortes. Et bien que certains n’en aient pas besoin, d’autres ont des raisons de souhaiter la mort.

Il la regarde par le trou de la serrure. Ceci dit, il n’a pas vraiment besoin de ses yeux pour comprendre ce qu’il se passe de l’autre côté de la cloison. Les bruits parlent d’eux-mêmes. Les cris de sa femme sont si intenses qu’on les dirait faux, poussés à l’extrême. La simulation n’était pourtant pas son fort la nuit dernière. Il comprend mieux pourquoi elle n’éprouvait pas beaucoup d’enthousiasme. Elle a su trouver mieux, encore. Quand parviendra-t-il à ne plus pardonner ? Ce n’est pas comme s’il ne savait pas. Il sait et, pire encore, il en a la preuve. Au diable cette foutue règle des premières fois qui sont censées vous unir à jamais. Il n’en a cure. Ce qu’il aimerait c’est lui faire payer tous ces coups bas, tous ces affronts. Ce n’est plus des cornes qu’il a. Ce sont carrément des défenses.

Les voir ne lui procure aucun plaisir mais il se dit qu’ainsi, peut-être, l’image de son épouse sera ternie. Il aimerait la voir tel le démon qu’elle est réellement. Il aimerait tant la détester pour ce qu’elle lui fait subir chaque nuit, chaque jour. Il la voit ainsi chevaucher ce nouvel étalon. Il grave en mémoire chacun de ses traits. Pour ce qui est de son cas, aucun doute là-dessus, il saura trouver la torture idéale. Foutu guerrier ! Dieu de la puissance ? Tu parles ! Le dieu de la forge rumine. Il jure intérieurement. Ce qu’il faudrait c’est que sa femme tombe enceinte. Comme ça il aurait tout loisir de nourrir sa colère contre l’enfant. Il pourrait ainsi l’atteindre par le biais de sa progéniture. Une vengeance parfaite ! S’il ne peut se défaire de son aimée, il trouvera le moyen de la faire souffrir autrement. Et il connaît la déesse idéale pour l’aider à tendre ce piège. Elle saura comment procéder. Après tout, avoir un bébé n’est pas si compliqué.

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Sélection d’Hatanna – Juin 2021

Hellow tout le monde !

C’est parti pour une sélection du mois tout en  BD ! Prêts ?

Tout d’abord, commençons par Peau d’homme d’Hubert (scénario) et Zanzim (dessins). Cette BD est absolument géniale ! Le dessin peut freiner au départ mais le scénario permet de passer bien au-delà ! Une jeune femme est sur le point d’épouser un jeune homme. Pourtant elle ne connaît rien de lui, et cela était monnaie courante à l’époque. Par chance, sa famille a en sa possession une peau d’homme. Un bien fort utile quand il s’agit de changer de visage afin d’apprendre à connaître son futur aimé. Mais est-elle prête à découvrir ce qu’elle s’apprête à découvrir ? Elle cache peut-être son apparence véritable, mais est-elle la seule ? On se laisse totalement emporter par ce récit qui innove et met en exergue la liberté de cette jeune femme et la possibilité pour un couple de s’épanouir à partir du moment où on se fiche totalement de ceux qui nous entourent.

Poursuivons avec une BD tout aussi géniale ; Anaïs Nin de Léonie Bischoff. Fantastique ! La Sirène Tranchante connaissait seulement le nom de cette personnalité sans pour autant savoir ce qu’elle avait accompli. C’est désormais chose faite. Attention néanmoins à ne pas laisser cet ouvrage entre les mains d’êtres innocents. La vie d’Anaïs Nin est plutôt libérée, un brin sulfureuse même. Ceci dit, rien à voir avec la bande dessinée Les Filles perdues d’Alan Moore. Pour en revenir à notre protagoniste, elle évolue dans le Paris des années 30. Écrivaine, elle est mariée à un banquier et sa vie semble au départ bien monotone. Elle va néanmoins faire la rencontre de plusieurs personnes qui vont lui permettre de s’épanouir dans sa vie personnelle, professionnelle et surtout sexuelle. On dirait parfois même qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait, un peu comme si elle rentrait en transe. On va également découvrir une partie de son enfance et une relation avec son père pour le moins dérangeante…

La BD qui suit est également spectaculaire ! Un bijou de culture G ! Nellie Bly, ça vous dit quelque chose ? Peut-être seulement de nom, comme pour la Sirène Tranchante au départ. Eh bien dans l’ouvrage Nellie Bly de Virginie Ollagnier et Carole Maurel il est question de cette femme remarquable ! Jeune journaliste, elle décide de se faire passer pour folle afin d’intégrer l’asile Blackwell. Elle y parvient sans mal et nous montre ainsi l’horreur de ce lieu où les femmes sont enfermées non car folles mais car pauvres ou dérangeantes aux yeux de la société. Elles sont atrocement traitées par le personnel et les médecins ne daignent même pas les ausculter. Normal, elles ne sont pas malades. Le parcours de cette femme est remarquable. Elle s’est indignée de la condition de ses congénères et a eu raison de certains combats qu’elle a eu le cran de mener. C’est un exemple de force et de volonté, car mû par ses idées, elle a su faire entendre sa voix.

Enfin, parlons de L’Homme sans sourire de Stephane Louis et Stephane Hirlemann. Quelle claque ! Cette sorte de fable très sombre est carrément marquante ! La Sirène en a gardé les images en tête pendant un moment ! Et les perspectives des dessins sont si réalistes qu’elle crut à plusieurs reprises l’avoir vu sur écran plutôt que lu sur pages. Un travail impressionnant ! Quant à l’histoire… elle est très sombre. Dans ce royaume, seul le roi et ses sujets juchés sur une haute tour ont le droit de rire et de sourire. Si vous enfreignez la loi, vous autres situés en bas, vous aurez les joues coupées à jamais afin que la royauté soit certaine de ne jamais vous voir sourire de nouveau. Quant à ce qui se passe en haut, tout n’est pas aussi rose qu’on le croit. Le roi a certes l’unique droit absolu de rire, il n’en est pas pour autant heureux. Et son frère convoite le trône. Parviendra-t-il à l’obtenir ? Ce conte est en réalité sans réelle fin. Car peu importe qui est au pouvoir, quelqu’un d’autre désirera sa place. Et le plus terrible, c’est que cette métaphore peut en fait nous permettre de remettre certaines choses en perspective. Une BD donc dérangeante, perturbante, bien construite et déroutante.

La Sirène Tranchante s’arrête là pour aujourd’hui, en espérant vous avoir donné envie d’en apprendre davantage sur certains titres, voire tous !

À très vite !

Hatanna

Tyserem – Célia B.

Prologue

À longueur de temps, les gens se questionnent sur la vie, sur leur avenir, sans jamais cesser de vivre dans le passé. Ils aiment se triturer les méninges et ont énormément de mal avec les éléments qu’ils ne comprennent pas, que ce soit au niveau de l’éthique, de la sexualité ou des pratiques de celles et ceux qui les entourent. C’est donc dans cette conjecture de rejet que nul être ne se penche réellement sur la question d’un double. Un être à l’opposé de soi. Un être qui se baladerait sur les grandes plaines d’un monde parallèle.

Les parents ! Quelle magnifique invention pour ceux qui en ont. Ces êtres dotés d’une emprise remarquable sur leur progéniture mais qui en usent parfois à l’abus. On entend tellement d’histoires répugnantes à leur sujet ; un enfant congelé, un enfant violé, toutes ces horreurs qui à l’heure actuelle semblent beaucoup trop courantes. Non mais sans rire, si vous faites des gosses c’est pour les aimer, pour les chérir, pas pour les jeter dans une benne à ordures. Nombreux sont ceux qui rêveraient d’en avoir. Malheureusement, la nature en a décidé autrement, les privant du privilège d’enfanter. C’est terrible pour une mère qui aime ses enfants d’entendre pareilles atrocités. Alors imaginez celle qui ne peut connaître cette joie et qui en voit certaines piétiner cette idée même.


Les parents sont censés être là pour leurs enfants, les soutenir, être présents pour les premières fois, pour les exploits, mais aussi lors des échecs. Ceux sont les guides, ceux qui nous permettent d’avancer. Alors, comment grandir avec une mère disparue et un père inconnu ?

Karen Destot, tel est le nom que l’on me donne. Jeune fille en apparence ordinaire, presque banale. Une bonne éducation, une vie d’adolescente comme toutes les autres avec ses abus et ses coups de blues. Quelques phrases bateau et voilà, le tour est joué. Imprévisible, c’est ce qui semble me définir. Les gens qui m’entourent ont beaucoup de mal à me cerner. Quant à mes parents, mon père demeure inconnu au bataillon depuis de nombreuses années et j’ai perdu ma mère il y a de cela deux ans. Une explosion a eu lieu alors qu’elle enquêtait sur un meurtre dans une usine près de chez nous. Son travail de médecin légiste la catapultait parfois dans des situations quelque peu délicates. Et sa famille passait toujours au second plan. Je n’ai jamais passé de longues soirées à ses côtés à l’écouter me raconter des histoires ou à apprendre à la connaître davantage. Non, rien de plus qu’une simple fille qui connaît sa mère en la croisant tous les jours lorsqu’elle part au travail. Il lui arrivait même de ne pas rentrer du week-end. Mais elle n’est pas la seule dont le métier a coûté la vie. Sarah, Marie et Elly ont également perdu leur mère ce jour-là. Respectivement inspectrice, avocate et journaliste. Pénélope Molipet, Gabrielle Bano et Anna Sali avaient elles aussi connu une fin tragique.

Cet événement marquant a indéniablement resserré les liens qui nous unissaient. Amies depuis déjà plusieurs années, nous n’aurions jamais pu imaginer la direction que prendraient nos vies après cela. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvées à vivre ensemble, sans parents, avec pour seul mentor ma grand-mère adoptive – une amie proche de mes parents que j’avais toujours considérée comme telle. À croire que nos mères avaient tout prévu. Nous héritions d’une somptueuse villa et ma grand-mère adoptive devenait pour chacune de nous le tuteur légal, les filles n’ayant pas davantage de figure paternelle. Elle ne vivait pas avec nous mais était là en cas de besoin. Pourquoi pas un orphelinat ? Une émancipation anticipée ? Nous ne nous étions jamais vraiment posé la question. Ce rythme de vie nous allait bien. Au final, c’était un peu comme une grande colocation. Nous étions libres et je pense que c’est ce que nos mères désiraient. Une liberté sans faille. On se demande bien pourquoi !

Bien qu’autonomes, nous n’avions que 15 ans lorsque le drame survint. Vivre avec des courants d’airs forge le caractère, j’imagine. L’accommodation à ce nouveau mode de vie fut donc rapide. Sans compter que nous avions l’habitude de passer des semaines entières chez les unes ou chez les autres, ce qui facilita la cohabitation. Étant quatre jeunes filles en effervescence, nous nous étions instaurées des règles relativement souples. Nous n’étions pas là pour nous prendre la tête mais simplement pour paraître plus ou moins normales aux yeux des autres qui ignoraient tout de notre histoire. Il y avait Sarah, la calme, la réservée. Jamais un mot plus haut que l’autre. Toujours dans la norme. Classe et discrète. Un corps menu, un teint pâle et des cheveux châtains, presque banale. Elle sortait avec mon meilleur ami et ensemble ils formaient le couple parfait. Ça en devenait presque ennuyeux. Puis il y avait Elly. Un tempérament de feu et des idées bien arrêtées. Une âme d’artiste, l’appareil photo à la main à la moindre occasion, elle passait quand même le plus clair de son temps avachie dans le canapé à regarder des séries. La flémingite aigüe l’avait assaillie. La procrastination était dès lors devenue sa devise. Elle avait plutôt une allure rock’n roll avec sa tignasse d’encre et son trait d’eyeliner sur les yeux. Ses ongles étaient quasi toujours vêtus de sombre. Elle aimait ça ; passer pour la gothique du bahut. Et enfin, il y avait Marie. Ah Marie ! La déesse de la mode. Une vraie bombe. Une chevelure dorée à vous éblouir, un sourire ravageur, et des tenues toujours parfaitement ajustées à ses formes particulièrement généreuses. La nature était bien faite, comme elle avait coutume de nous le rappeler. Elle ne jurait que par la mode et gare à celle qui sortirait dépareillée en sa présence. Quant aux garçons, ils tombaient tous comme des mouches. Un aimant à mecs ! Et si elle était dans les parages, il était inutile d’espérer attirer le regard d’un des spécimens. Ils ne voyaient qu’elle.

Cette expérience nous a fait grandir plus vite que d’ordinaire. Chacune avait ses propres traits de caractères mais les assumait et acceptait ceux des autres. À la fois déjantées et sérieuses, l’idée de départ restait de nous fondre dans la masse. En tout cas, c’était la mienne. Pour les autres, je ne pouvais en être certaine. Attirer tous les regards sur nous n’était pas vraiment le bon plan. Je n’avais guère envie qu’un inspecteur de la Ddaas vienne nous récupérer pour nous dispatcher sur le continent. Je parvenais parfois tellement à faire comme si je n’existais pas qu’on ne s’apercevait de ma présence qu’en fin d’année. La fille invisible et ses secrets, ses mystères.

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La Légende de la Sirène Tranchante – Célia B.

Prologue

Elle regarde sa main se poser. Ce n’est pas la sienne. Du moins, c’est tout comme. Elle ne sait plus ce qu’elle sent. La vivacité l’a-t-elle désormais désertée ? Une vague douleur entre les côtes la tiraille pourtant depuis quelques jours. Qu’a-t-elle fait ? Telles ses angoisses nocturnes, ses plans culs s’enchaînent et s’additionnent sans qu’elle puisse en tenir à jour le registre. Trop peu de temps… Entre deux, elle bosse. Elle ne laisse aucun repos à son cerveau. Si elle n’est pas en train de parler avec un nouvel étalon, c’est qu’elle le chevauche. Et si elle n’est pas en pleine course d’équitation, c’est qu’elle a le nez dans ses papelards.
Elle est étendue sur le lit. Ses yeux se vident. Sa main pâlit de seconde en seconde. C’est à peine si elle parvient à remuer le bout de ses doigts. Ses yeux vacillent, ses paupières se ferment. Rester éveillée semble insurmontable. Des douleurs parcourent son corps par à-coups puissants. Elle sent une main froide la saisir par la crinière et lui intimer de garder le regard fixe. Elle a froid. Un nouveau spasme puis un flash. Elle se souvient. La brûlure de sa gorge ravivée par la capilotraction l’a ramenée à la réalité. Encore un de leur jeu absurde. Elle aime se faire attacher, mais se faire étrangler… n’est-ce pas un peu violent ? Elle sent ses mains continuer de la caresser. Il n’a donc rien remarqué. L’emprise a été rompue il y a peu et c’est ainsi qu’elle reprend conscience de ce qui l’entoure. Les murs froids et humides de cet antre l’emprisonnent. L’obscurité entre en elle tandis que la grotte s’éveille. Elle tourne délicatement la tête vers lui. Une larme glisse de son œil et vient se loger sur l’oreiller. Il n’a pas ralenti la cadence. Remarquant son regain d’intérêt, il accélère. Saisissant ses jambes avec poigne et les passant autour de son cou, il fait quelques brefs va-et-vient puissants. Elle tente de se redresser mais il la fige contre le matelas.
« Laisse-toi faire », lui murmure-t-il. Elle perd alors le contrôle. Les ennuis ne font que commencer.


My Bloody-Valentine. C’est le nom de son album préféré. Et ce n’est pas uniquement dû au fait que son meilleur ami l’ait expressément suppliée de faire le dessin de couverture. Elle, une artiste ? Non. Elle est d’ailleurs plus maudite qu’artiste, des dires de ses vieux potes. Mais qu’importe. Ce qu’elle veut c’est simplement une occupation. Aucune restriction. Juste l’inspiration du moment. Seule ou à plusieurs. Rien ne l’arrête. Alors quand il le lui a demandé, elle n’a pu résister à la tentation de se servir une fois de plus de ses mains pour rendre service. Du moment que cela convient au receveur.
Mais forcément, quand elle est en panne d’inspiration et qu’elle ne canalise plus ses émotions, elle énergise en surplus et cela ne convient pas à ses nuits. Sa température corporelle augmente dangereusement et c’est cauchemars assurés. Traversant les ténèbres, ils se glissent dans ses draps et deviennent les meilleurs amants, de ceux toujours présents au réveil, de ceux qui apportent les croissants et restent déjeuner. La musique n’a plus aucun impact, elle n’a plus cette puissance, autrefois utilisée tel un talisman. Elle ne fait plus office que de figurant. Les enfermer dans une cage ne servirait de toute façon à rien. Ces fantômes de la nuit lui rappellent qui elle est vraiment et d’où elle vient. Ils la maintiennent en vie, en quelque sorte. Sans eux, elle ne se reconnaîtrait déjà plus dans le miroir. Jouer à faire semblant coule dans ses veines, c’est inné cette présence théâtrale, ce mensonge.
Encore une fois, ses yeux se ferment. Il est tôt. Elle sait pertinemment que si elle se laisse aller à cette heure-ci, sa nuit sera torride. Alors, elle s’accroche à ces quelques pages qui la séparent du palier salvateur. Ce fameux 23 h. Elle somnole mais tente de rester consciente. Cette nuit sera de courte durée. Attachez vos ceintures, le compte à rebours est lancé.

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Valérian et la Cité des mille planètes

Hellow tout le monde !

Aujourd’hui votre Sirène Tranchante va vous parler d’un film visionné il y a peu ; Valérian et la Cité des mille planètes, film réalisé en 2017 par Luc Besson.

Comme à son habitude, notre célèbre réalisateur français ne manque ni d’imagination ni d’effets spéciaux. Plusieurs siècles après la fin de notre monde, une équipe d’agents spatiaux-temporels entre en scène. Laureline, incarnée par Cara Delevingne, fait équipe avec son major et voyage à travers la galaxie. Major qui lui fait par ailleurs des avances qu’elle refuse. Ils sont prêts à risquer leur vie l’un pour l’autre mais n’avouerons jamais leurs faiblesses. À moins que leur nouvelle mission au cœur de la cité intergalactique Alpha ne le leur permette. L’avenir de l’univers est en péril. La raison ? Une mystérieuse menace qu’il leur faudra identifier.

Les personnages sont intéressants mais certaines scènes se suivent sans qu’on comprenne toujours l’enchainement. Au début, on ne comprend d’ailleurs absolument pas pour quelle raison Laureline en veut à ce point à Valérian, à moins que l’attention de la Sirène Tranchante ait été absente un instant ? Les dialogues ne sont pas vraiment recherchés et le jeu émotif des acteurs laisse un peu à désirer par moment. Par contre les effets spéciaux sont top ! La Sirène Tranchante ne connaît pas la BD donc difficile de dire si l’adaptation est correcte mais en tout cas l’univers est riche.

De plus, gros casting à l’affiche avec Alain Chabat, Clive Owen, Rihanna ou encore Ethan Hawke.

En conclusion, ce n’est pas le film de l’année mais il se laisse regarder. Si vous cherchez à vous en mettre plein la vue sans trop réfléchir, allez-y !

À bientôt !

La Sirène Tranchante

Sélection d’albums de souris

Hellow tout le monde !

J’espère que vous allez bien ! Aujourd’hui la Sirène Tranchante va vous parler d’une série d’albums jeunesse absolument magnifique ! Voici venu le temps de découvrir les ouvrages de Torben Kulhmann édités chez NordSud.

Cet auteur, fan au départ d’aviation, a suivi des études dans le monde du dessin. Pour le plus grand plaisir de nos yeux ! Il a ensuite produit divers albums dont ; Lindbergh, Armstrong, Edison et Einstein. Qu’ont en commun ces textes ? Des destins de souris et des dessins fantastiques ! Les doubles pages dessinées sont à tomber ! On embarque totalement dans l’univers de l’illustrateur. Les albums sont assez conséquents et sont donc des lectures soit adultes, pour des fans, soit pour des enfants à partir de 6-7 ans. L’intérêt est bien entendu de découvrir ces grands noms qui se seraient inspiré de destins de souris extraordinaires ! Lindbergh est inspiré par un rongeur qui aurait rejoint ses confrères aux États-Unis depuis l’Europe via les airs. Armstrong aurait pris la suite des recherches d’une souris. Einstein aurait appris des équations d’une souris qui aurait raté la fête du fromage et tenté de remonter le temps pour y participer. Quant à Edison, il aurait été assisté par une souris bien pensante.

Les dessins sont l’œuvre de diverses recherches. Ils sont fins et affirmés. Les albums valent vraiment le détour et en prime on se cultive ! Alors plus d’hésitation ! Allez donc jeter un œil !

À très vite !

La Sirène Tranchante

Femmes en colère

À ces livres qui nous marquent… ceux qui nous font réfléchir, ceux qui nous ouvrent les yeux. Aujourd’hui il sera question de l’un d’entre eux. Un seul. Hatanna range sa sélection pour ne garder que sa hache et son tranchant. Ce livre ? Femmes en colère de Mathieu Menegaux. Un homme qui entre dans la tête d’une femme, nous livre ses pensées, ses fantasmes, ses désirs et surtout son traumatisme. Ce traumatisme d’avoir été violée alors qu’elle prévoyait une simple partie de jambes en l’air. L’histoire de cette femme qui tout d’abord sereine, écoute ses envies et se rend chez un homme pour conclure son affaire. Pourtant, elle est tout de suite mal à l’aise. Et ce n’est que lorsqu’elle aperçoit un autre homme, inconnu, une bouteille de Gin entamée devant lui, qu’elle comprend que les choses ne vont certainement pas tourner à son avantage. Elle avait envie de caresses, d’un moment simple, tendre. Elle souhaitait assouvir une envie, passagère. Se faire plaisir tout en permettant à l’autre de jouir. Ce n’est pas ce qu’elle a eu. Certes, au départ, quatre mains posées sur elle la faisait fantasmer. Cela n’était que dans son imagination. La réalité la fait désormais cauchemarder. Elle est rentrée chez elle ce soir-là, la rage au ventre et le vomi au coin des lèvres. Une seule idée en tête : Se venger. Ils ne s’en tireraient pas à si bon compte. Ils l’avaient souillée, elle allait les émasculer. Certes, la décision était un peu sanglante et sans appel, mais la justice n’aurait fait que les gracier, une fois de plus. Elle ne le tolérerait pas. Et même si cela était à 2000% égoïste de sa part car elle avait parfaitement conscience à cet instant précis que cet acte lui coûterait ses filles pendant un certain temps, elle ne put se résoudre à abdiquer. Elle programma, elle opéra.

L’ouvrage tourne autour du procès de cette femme. Le suspense est insoutenable car tout du long on ignore ce que les jurés décideront finalement. Sera-t-elle acquittée ou bien enfermée ? S’est-elle simplement défendue face à ce qu’on lui avait pris ? C’est une fiction coup de poing qui pose beaucoup de questions au lecteur qui ne sait pas toujours quel parti prendre. La plume est incisive et le procès mené telle une partition par un grand chef d’orchestre. Bravo.

À très vite,

La Sirène Tranchante